Les Amis de la Terre ont été rejoints par plusieurs organisations pour former le Collectif-OGM-Landes : 2 comités Attac, Indecosa-CGT, Sepanso 40, Terre Active, Civam Bio des Landes, Confédération Paysanne, Modef. Le collectif est soutenu par les Verts, les Alternatifs, le PS et le PC.
Trois semaines après l’envoi de cette lettre, nous attendons toujours une réponse de la Préfecture. Cette administration avait été beaucoup plus rapide pour signifier aux communes que leur arrêté municipal contre les OGM était "illégal".
Mont-de-Marsan, le 5 juin 2003
Monsieur,
Dans son courrier du 5 mai, le Collectif-OGM-Landes avait souhaité vous rencontrer le vendredi 16 mai. Pour des raisons que nous ignorons, nous avons aimablement été conviés par vos services, à rencontrer la Direction Départementale de l’Agriculture et de la Forêt.
Nous n’avons donc pas pu vous remettre, en mains propres, les nombreuses pétitions de nos concitoyens. Pour cette raison et celles exposées en suivant, le Collectif réitère sa demande de rendez-vous.
Questions restées sans réponse :
Certes, lors de cette rencontre à la DDAF, nous avons abordé certaines questions plus techniques et avons reçu quelques réponses. Mais, nous en attendons toujours d’autres que vous pourrez, sans aucun doute, nous fournir.
Rappelant les termes de la loi, nous avons par exemple, demandé à la Direction Départementale de l’Agriculture de nous préciser la localisation de l’essai de Magescq. Elle n’était pas en mesure de nous apporter cette information. Quitte à nous répéter, nous vous rappelons les propos de la sous-préfète, Mme Valente, tels qu’ils furent rapportés par Sud-Ouest (18/04/01) : "Je me suis engagée à donner le plus possible d’informations concernant les essais dans les Landes, car je suis consciente, comme le préfet, de nos devoirs à l’égard de la population. En conformité avec les lois et les règlements, notre volonté est d’aller vers plus de transparence." Nous ne vous ferons pas l’injure de vous citer le paragraphe de la loi de 92 sur la Dissémination volontaire des OGM, concernant l’accès à l’information des citoyens.
Nous espérons donc, que lors de notre très prochaine rencontre, vous serez en mesure de nous apporter cette information et d’enfin tenir les engagements pris par votre collègue.
Dans le cas de l’essai de Magescq, nous aimerions aussi savoir où sont les évaluations qui doivent être menées pour tout essai pluriannuel - et qui servent d’éléments de base pour que la poursuite de ces essais soit autorisée - et bien sûr pouvoir les consulter, toujours dans le souci de transparence que soulignait Mme Valente. La Direction Départementale de l’Agriculture, quant à elle, était dans l’impossibilité de nous dire où ces informations se trouvaient : Bordeaux ? Paris ? Quant à qui contrôle ces essais, là aussi, les précisions manquaient justement de... précision.
Questions générales
D’autre part, nous souhaitons rencontrer le représentant de l’Etat que vous êtes, car la problématique des OGM ne se limite pas, loin de là, à des problèmes agronomiques mais englobe aussi des aspects sociaux, économiques, démocratiques et juridiques.
Sur le plan juridique, quelle est la position de l’Etat quant aux préjudices inévitables que les OGM (essais ou cultures) provoqueront sur d’autres cultures : contamination, perte de label, déclassement des productions, etc... ?
Qui sera responsable et devra payer des compensations :
L’agriculteur qui sème ?
Le semencier qui vend les semences ?
L’industriel qui produit les semences OGM ?
Ou bien, l’Etat ou les collectivités locales - c’est à dire les contribuables ? Comme pour le Prestige ?
Nous vous serions reconnaissants de nous apporter des éclaircissements sur ce flou juridique qui n’augure rien de bon !
En ce moment, il est beaucoup question de coexistence. Il serait possible, nous fait-on croire, en prenant certaines mesures, de faire coexister les filières OGM et non OGM.
Mais qui va définir les mesures à prendre pour séparer les filières ?
Qui va contrôler leur bonne mise en place et leur application ?
Qui va payer les surcoûts : analyses, étiquetage, inspecteurs et contrôleurs supplémentaires nécessaires, nettoyage des moissonneuses, des semoirs, des camions, des élévateurs, des silos, des hangars, etc, etc, etc... ?
D’autre part, comme vous le savez, la commune de Magescq, le Conseil Général des Landes et le Conseil Régional d’Aquitaine ont pris des positions hostiles aux OGM agricoles. Pourrez-vous nous expliquer la position de l’Etat qui autorise une firme à poursuivre ses essais, alors que les représentants démocratiquement élus se sont majoritairement prononcés contre ces essais et ces cultures, respectant en cela, l’opinion majoritaire de leurs concitoyens ?
Dans l’attente de cette rencontre que nous espérons fructueuse, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Préfet, l’assurance de nos sentiments les meilleurs.
Pour le Collectif
Christian BERDOT
Amis de la Terre
PS : Le Collectif est composé d’organisations fonctionnant pour l’essentiel avec des bénévoles. En conséquence, nous vous serions reconnaissants de nous proposer plusieurs dates de rencontre, afin que le Collectif soit représenté de la façon la plus complète possible.