Par Thierry Willaey, élu et adhérent des Amis de la Terre-Nord :
Si nous réitérons notre opposition fondamentale à la création de décharges ou d’incinérateurs, c’est poser le problème de la gestion de nos déchets dans sa globalité.
Aujourd’hui la quantité de nos déchets augmente encore. Or le recyclage ne touche que 22% de ce gisement, et pour éliminer les 78% restants, les élus ont recours aux incinérateurs et/ou aux décharges. On ne peut ignorer les risques sanitaires et environnementaux liés à ces infrastructures. Ainsi que l’énorme gaspillage de matière première.
Pour sortir de cette impasse, nous proposons :
Réduire la production des déchets à la source : réduction des emballages, retour aux bouteilles consignées, non utilisation de produits non recyclables...
- Favoriser le réemploi en développant les structures de valorisation telles que les ressourceries.
Généraliser le recyclage des matières collectées et le développement de filières de valorisation et particulièrement des matériaux de bâtiment et de travaux publics...
Traiter le plus près possible des lieux de production, avec l’installation dans les entreprises de procédures de tri et de recyclage.
Passer aux technologies propres et valoriser la production d’énergie sans créer de pollutions supplémentaires comme les CVO (autrement dit pas de CVE !).
Ces propositions nous concernent tous, des pouvoirs publics aux citoyens.
Toutefois, les élus ont une responsabilité particulière puisque ce sont leurs décisions politiques qui permettront ou non, la réduction de la production des déchets en incitant, par le biais de subventions ou de taxes mais aussi par la sensibilisation et les aménagements adéquats à l’application des mesures citées précédemment. Mais il faut aussi vouloir assumer pleinement ses responsabilités sans choisir la facilité.
On est bien loin des objectifs de 50% des déchets valorisés. Il est donc plus qu’urgent qu’au lieu de rechercher de nouveaux moyens d’éliminer, on s’atèle, tant à l’échelon national, régional et local, à ce problème qui est loin d’être une fatalité, à l’heure ou nous manquons de ressource.