
Suite à la violente répression des mouvements pro-démocratiques en Birmanie ces dernières semaines, les ministres des Affaires étrangères réunis aujourd’hui à Luxembourg viennent de faire un grand pas en avant en annonçant le renforcement des sanctions économiques.
Les Amis de la Terre se réjouissent sincèrement que les secteurs du bois et des mines, propices à toutes les violations des droits de l’Homme et tous les ravages environnementaux, soient désormais soumis à embargo, comme le réclamaient les ONG depuis plusieurs années. Une première tentative avait d’ailleurs échoué au printemps dernier, manifestement du fait des pressions exercées par plusieurs pays, dont la France en premier plan.
Cependant, les Amis de la Terre déplorent très vivement que le secteur du gaz n’ait pas été inclus dans la liste des sanctions. Gwenael Wasse, chargé de campagne pour la responsabilité des entreprises, est dubitatif : « Nous ne comprenons pas la logique de l’Union européenne : en renforçant les sanctions, elle admet qu’elles sont un moyen de pression efficace contre la junte, et que la population n’en souffrira pas ; c’est d’ailleurs bien ce qu’a admis Bernard Kouchner dans une tribune publiée aujourd’hui dans Le Monde. Alors, pourquoi ne pas inclure également le gaz, première ressource de la junte ? » Il ajoute : « Nous espérons que la présence sur place du groupe Total, 4ème entreprise européenne, n’est pour rien dans cette décision ; un tel marchandage serait honteux, au vu de la situation actuelle en Birmanie. »
Alors que l’Union européenne attendra les résultats de la mission en Asie de l’envoyé spécial des Nations unies, M. Gambari, pour finaliser sa position, les Amis de la Terre demandent à ses dirigeants d’être logiques et ambitieux en allant encore plus loin dans le renforcement des sanctions, et en y incluant également le secteur des hydrocarbures.
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