
Fleuron de l’économie française, première entreprise européenne et cinquième groupe pétrolier au monde, les citoyens sont en droit d’attendre des dirigeants de Total qu’ils soient irréprochables. Il n’en est malheureusement rien : du procès de l’Erika aux soupçons de fraude massive à l’URSSAF, en passant par les affaires de corruption au Cameroun, en Irak et désormais en Iran, Total semble s’entêter à privilégier ses résultats financiers au détriment de l’éthique environnementale et sociale.
Chargé de la Responsabilité des entreprises aux Amis de la Terre, Gwenael Wasse est amer : « Quelle est la valeur réelle des engagements de Total en matière de responsabilité sociale et environnementale ? Sa charte éthique, qui stipule noir sur blanc que le groupe s’engage à établir des rapports clairs et honnêtes avec ses partenaires, est vidée de toute substance ; quant à sa signature du Pacte mondial des Nations unies, elle est sévèrement remise en question. Total ne rate pas une occasion de se poser en parangon de vertu mais à ce rythme, les tréfonds de la crédibilité seront rapidement atteints ! ».
Si le procès de l’Affaire Elf pouvait laisser croire que les anciennes pratiques frauduleuses faisaient désormais partie du passé, il semble qu’il n’en soit rien. Total, qui exerce ses activités dans les pays les plus corrompus du monde et dans un secteur réputé pour son absence de transparence, ne semble pas faire exception à la règle. L’arrestation récente d’une militante de l’ONG Global Witness en Angola ou les pressions exercées sur deux membres de la coalition Publish What You Pay au Congo-Brazzaville, entre autres, montrent à quel point le secteur pétrolier est vérolé par la corruption. Mais il ne s’agit pas uniquement de malversation financière : les conséquences pour les peuples en termes de gouvernance et de développement sont presque toujours catastrophiques, comme de nombreuses études l’ont mis en évidence.
Gwenael Wasse conclut : « Total, l’un des premiers groupes pétroliers au monde, a une responsabilité indéniable. Il ne tient qu’à ses dirigeants de s’engager enfin sur la voie de l’éthique et du développement durable ».
Contact presse :
Caroline Prak, 01 48 51 32 22 ou 06 86 41 53 43